La Vielle Valette : un lieu, deux ambiances

La vieille Valette est située dans une vallée encaissée, à 350 m d’altitude, déclarée insalubre par la préfecture depuis 1996, pour des raisons … probablement partisanes ! C’est une ancienne zone de cultures sur terreasses, abandonnées depuis trente ans, et à proximité de forêts de chêne vert et buis. Source Passerelleco

Le Terril

Après quelques centaines de mètres sur une route relativement cabossée et escarpée, nous arrivons à l’entrée du ‘Terril’.

Un grand kayak et un tiki en bois annoncent l’entrée du lieu. 

Sur le talus au milieu des branchages, un vieux tracteur vert un peu rouillé nous accueille. Il faut reconnaitre qu’il a de la gueule.

Un grand bonhomme fait de bonbonnes de gaz roses avec le panneau de Lavalette dit que nous sommes au bon endroit.

Nous avançons sur le chemin. Quelques mètres plus loin, un grand plateau s’offre à nos yeux avec de part et d’autre du chemin, des petits regroupements de véhicules : caravane, vieux truck, poids lourds, utilitaires… en plus ou moins bon état formant comme de petits quartiers.

On entend des voix et des aboiements. Il y a de la vie ici ! 

Au fond, un vieux school bus, surement aménagé, un vieux truck entièrement peint en rouge et noir, des caravanes en plus ou moins bon état. Des camions de toutes tailles.

Une demoiselle sculpte un énorme bloc de pierre et nous sommes accueilli par plusieurs personnes. L’accueil ‘chaleureux’ a surtout été grâce à nos deux chiens !

On nous explique un peu le fonctionnement du lieu. Certains sont ici depuis 30 ans, d’autres un an ou deux. Ici la notion de temps s’est envolée; certains sont venus pour quelques jours et sont toujours présents un an après.

Un peu plus loin, un homme taille des tiki dans du bois. Il y en a de toutes les tailles autour de son camion. Il nous invite à ne pas hésiter à rentrer dans son camion si l’on veut pour regarder J

L’art s’exprime partout, travail du bois ou de la pierre, peinture, ferronnerie… C’est chouette.

Un milieu totalement hétéroclite où chacun laisse son art s’exprimer. La nature est respectée. 

L’endroit s’organise comme un petit village avec le coin douche, un lavabo au milieu de la nature avec de l’eau potable, un autre avec de l’eau non potable, un coin toilette sèche (fléché dans la forêt pour respecter l’intimité). A première vue on pourrait penser au ’chaos’ et encore, le mot est bien trop fort alors que tout est bien organisé en respect avec le lieu et l’environnement.On nous invite à continuer notre visite si l’on veut environ 1km plus haut, au village

Le Village: une autre ambiance. 

Fini les camions vintages de couleur et les œuvres d’art en tout genre. Nous arrivons au pied d’un beau village en semi-ruine semblant partiellement réhabilité : un système d’irrigation des parcelles cultivées et des vergers mis en place garce à l’eau des sources, des animaux (poules), des maisons qui semblent habitées. 

Les bâtiments sont en belles pierre de taille claire, des rambardes en fer forgé plus ou moins travaillé ont été installées çà et là. Des herbes folles grimpent le long des bâtiments. Une fenêtre en pvc neuve sur un mur à moitié effondré. Une arche en pierre, les montants sculptés « Ni Dieu Ni Maitre ».

Pas âme qui vive pour le moment. Nous sommes juste salués par un homme et son chien sur un chemin. 

Des bâtiments ont été refaits, d’autres sont totalement en ruine.  Enfin, nous croisons une femme (d’une vingtaine d’année mais difficile à dire) qui nous invite à se joindre à elle sur sa terrasse. 

Assise à une petite table en fer forgée, sirotant un semblant de ‘pastis 51’ à en croire la bouteille bon marché au pied de la table.

Tshirt au décolleté plongeant d’où d’énormes seins semblaient vouloir s’échapper au premier mouvement, pantalon un peu large style ancien bagguy de notre adolescence, un peu débraillé. Aux pieds une paire de vielles rangeo / dock bordeaux pas de première jeunesse. Un petit style punk à chien sans chien et plus à la cool pour vous faire une image. Elle nous propose de faire comme chez nous, de visiter sa maison si on le souhaite. Charmante hospitalité.

Sa maison est atypique mais avec tout le confort moderne. Coin cuisine avec l’eau arrivant directement de la source, une baignoire dans un coin. Des murs blancs à la chaux. Un extérieur atypique mais charmant, une fenêtre en plexi en forme de cœur, un hublot de machine à laver pour faire office de chatière à la porte d’entrée.

Dehors, un ‘bazar organisé’, les ‘mauvaises herbes’ dans les coins, une petite fontaine pour récupérer l’eau, surement pour que le chat puisse aller s’abreuver à souhait, des jouets pour enfants dispersées çà et là, un vieux tricycle et la petite terrasse où nous sommes attablés surplombant une partie du village. En face, la montagne. Vierge. 

Elle nous explique que le village est habité par quelques personnes et que chacun construit ou retape sa maison comme il lui semble. Les gens arrivent, prennent une maison libre ou décident de construire la leur à partir des ruines existantes. 

Il y a une famille avec enfant qui vit là, un couple et une femme seule pour le moment à cette période.

On apprend que les gens vont et viennent, de quelques mois à quelques années. 

Elle nous dit qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir les portes et à entrer pour voir mais cela nous parait un peu extrême. On ne va pas s’incruster dans l’intimité des gens. 

Elle nous informe que le village comprend une auberge avec une grande cuisine communautaire où il y a toujours quelques vivres a disposition pour les habitants ou les gens de passage, une médiathèque avec au sommet un toit terrasse avec une jolie vue, une piscine (dont il faut bien refermer la barrière derrière soi car cela peut être dangereux pour les enfants), un poulailler, une bergerie en préparation…

Ils essaient de cultiver au maximum les parcelles qu’ils ont aménagé au fil des ans : fruitiers, potager avec tomates (excellentes !), aubergines, courges… Pas suffisamment pour vivre en autonomie malheureusement (surtout avec la saison passée).

Après un certain nombre de jours passés sur le lieu, une participation est demandée et cela permet de pouvoir acheter de la chaux et des matériaux pour aider à la rénovation des bâtiments. Sur l’un des toits, on aperçoit des panneaux solaires en nombre, ce qui doit permettre d’alimenter la petite ville en électricité.

Quelqu’un joue du piano, ‘lettre à Élise’, venant de la médiathèque et nous saississons l’opportunité de prendre congé de notre ‘nouvelle amie’ La balade se poursuit par les lieux indiqués.

La médiathèque. Au rez-de-chaussée, un sol aux carreaux vintage de plusieurs couleurs, un piano un peu désossé mais en état de marche, le long du mur des étagères avec une multitude de livres pour enfant, dans un coin, une caisse de lego à moitié renversée, un vieux fauteuil en cuir…

Nul doute que derrière les murs de ce village il y a de la vie !

Au premier étage, deux fauteuils en cuirs invitent à la lecture des nombreux ouvrages qui jonchent les étagères ! Il y en a partout, sur tous les rayons et de tous les styles. On dirait une veille bibliothèque comme dans les films.

L’ascension continue jusqu’au toit terrasse. L’endroit invite à se poser en ayant emprunté un bouquin. Un télescope est orienté vers le ciel. Vu la vallée, l’observation des étoiles doit être top : aucune pollution lumineuse!

Ce toit ou plutôt la vue, nous permet de nous repérer un peu par rapport au village.

Déambulation dans les petits chemins au milieu des vieilles pierres, nous arrivons à ce qui semble l’auberge. Le bas sert de stockage au matos du festival annuel et les étages sont aménagés en ‘chambre’ avec des matelas. N’importe quel voyageur n’a qu’a arriver et poser son sac. 

Plus loin une autre ancienne bâtisse fait office de cuisine communautaire : un grand espace de vie et une immense cuisine avec petite terrasse couverte attenante. Un escalier mène également à des chambres. Une remise attenante avec deux porte frigorifique devoile un espace entièrement plein avec un bar laissé à l’abandon.

En redescendant nous découvrons la ‘piscine’. Alors honnêtement, l’idée est là mais même Luna n’a pas voulu s’approcher de l’eau. Avec la chaleur, elle est d’un superbe vert émeraude surement du à une belle prolifération d’algues. En même temps, ici, tout est naturel et il n’y a pas de traitement.

Le poulailler en face est immense.

Lorsque nous redescendons au terril, il n’y a plus âme qui vive. Tout le monde a dû rentrer se coucher dans son camion ou sa caravane. Plus un bruit, l’endroit est désert.

Nous décidons de revenir le lendemain pour faire quelques photos et essayer d’en apprendre un peu plus sur le lieu.

Le lendemain, l’accueil au terril est moins sympathique. Il y a moins de monde (les personnes sont surement parties travailler). On ne s’attarde pas.

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